mercredi 13 décembre 2017

Chamanes, tome 3 : Masques - Rachel Dubois



Chamanes3, Rachel Dubois
Masques

Editeur : Autoédition
Nombre de pages : 285
Résumé : Le retour de Greg au Camp et la grossesse de Danaë sont autant de raisons pour les membres du Clan Neve de se réjouir, seulement un danger plane au-dessus de leur tête. Les Esprits de la Terre sont formels, mais trop confus. Comment discerner la vraie menace, dissimulée derrière une succession de fausses attaques ? Dans le monde de l'Once la mort n'a jamais été loin, seulement aujourd'hui c'est devant sa porte qu'on empile des cadavres ! Qui ? Et pourquoi ? Sandra n'a jamais cru au hasard et encore moins lorsqu’en prime des humains viennent mettre leur nez dans sa vie privée et menacent ce qu'elle a de plus cher : les siens !

Un grand merci à Rachel Dubois pour l’envoi de ce volume (et la petite dédicace) et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

- Un petit extrait -

« Lya était une boule d’énergie et son sœur but était d’arriver au même niveau que sa sœur. Par chance, la petite était somme toute adorable et pétillante. Il dut admettre que prendre soin d’elle et de sa formation renforçait leurs liens de clan. La petite panthère […] était devenue l’enfant du Clan et sa joie de vivre animait l’âme des vieux guerriers brisés par la vie qu’ils étaient pour la majorité. »

- Mon avis sur le livre -

Le risque, lorsque l’on se lance dans la lecture d’une saga, c’est que celle-ci s’essouffle au bout de quelques tomes : une intrigue trop complexe que l’auteur ne parvient plus à dénouer, ou au contraire une intrigue creuse qui tourne inlassablement autour d’un seul élément. Pour une raison que je ne m’explique pas, lorsque j’ai demandé les trois premiers tomes de Chamanes sur Simplement, je savais déjà qu’aucun de ces deux « dangers » n’allait se glisser insidieusement au cœur de l’intrigue de la série. Mon intuition s’est révélée juste : au bout du troisième volume, je suis toujours aussi captivée, toujours aussi admirative, toujours aussi enthousiaste. L’auteure est vraiment douée, elle est parvenue à me faire tomber amoureuse de son univers, de ses personnages, de sa plume, et clairement, je ne m’en lasse pas !

Tout semblait pourtant s’arranger au sein du clan Neve : Greg est en vie et de retour, Danaë est enceinte. Mais ce n’était que le calme avant la tempête. Sandra doit faire face à la disparition de son frère, à l’enlèvement de sa sœur et à la possession de son âme sœur par un ancêtre cruel et puissant. Elle a beau être forte et déterminée, elle a beau être soutenue par l’amour de son Clan tout entier, cela commence à faire beaucoup pour une seule personne. Tandis que les mauvaises nouvelles affluent de tous les côtés, tandis que la mort rôde à sa porte, Sandra va devoir prendre des décisions, rapidement et radicalement. Quitte à souffrir. Quitte à mourir. Car une seule chose compte désormais pour Sandra : la sécurité des siens. Pour eux, elle est prête à tous les sacrifices …

S’il y a une chose qui m’impressionne dans cette saga, c’est qu’elle s’améliore de tome en tome tout en suivant un véritable fil rouge qui en assure la belle continuité. Se greffent ainsi à l’intrigue « globale » tout un tas de péripéties et de rebondissements qui viennent redonner un coup de peps à l’histoire du Clan Neve. Le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer, il se passe toujours quelque chose ! Et pourtant, chose admirable, je n’ai pas une seule fois eu le sentiment qu’il y en avait « trop », comme cela peut parfois être le cas : l’auteure a vraiment réussi à trouver le juste milieu, l’équilibre idéal. Car à côté de ces nombreux coups de théâtre, à côté de ces batailles épiques et de ces traques angoissantes, il y a des moments de répit, de calme, de douceur, d’émotions. On en apprend un peu plus sur certains nouveaux membres du Clan Neve, sur leur passé, on s’attache progressivement à eux tandis que se dévoilent à nous leurs blessures, leurs peines, leurs douleurs. De l’action et de l’émotion, le compte est bon !

La plume de l’auteure est également de plus en plus belle au fur et à mesure que la saga évolue. Les maladresses se font de plus en plus rares, les imprécisions également : si dans le premier tome, j’avais quelques difficultés à repérer les changements de points de vue et étais régulièrement déboussolée, ici, tout est fluide, clair, précis. J’apprécie énormément cette pluralité de points de vue : on a ainsi une vision d’ensemble de la situation, et pas uniquement le ressenti de Sandra. Cela m’a d’ailleurs plusieurs fois amenée à essayer vainement de la prévenir de ce qui était en train de se tramer derrière son dos (imaginez-moi chuchoter furieusement à mon bouquin « Mais ouvre les yeux ! Sandraaaa ! » et vous comprendrez pourquoi je ne lis pas en public). Il faut dire que l’auteure sait jouer avec nos nerfs : on sent que l’instant fatidique approche, implacable, inéluctable, et alors notre petit cœur se met à courir le marathon … Car Rachel Dubois ne ménage ni ses lecteurs, ni ses personnages. J’ai pleuré, grogné, sangloté, refermé vivement le bouquin en niant catégoriquement l’existence de la phrase que je venais de lire … 

Et ce que j’aime définitivement beaucoup chez Rachel Dubois, c’est sa capacité inouïe à raconter une histoire vibrante, captivante et émouvante avec simplicité. Ce livre est la preuve qu’il est parfaitement possible de faire rentrer le lecteur dans une intrigue sans avoir à user d’un vocabulaire et d’une syntaxe digne de la noblesse des temps passés ! La narration de l’auteure est simple mais efficace : les descriptions sont à la fois suffisamment précises et admirablement concises, la narration joue parfaitement son rôle sans se perdre dans les méandres du langage soutenu, les dialogues sont vivants et expressifs, parce qu’ils ne s’embarrassent pas d’incises à rallonge ou de répliques invraisemblables. L’auteure est restée concentrée sur l’essentiel : l’histoire, qu’elle raconte au lecteur comme le ferait une conteuse, avec émotion et justesse mais sans fioriture inutile. J’aime beaucoup, car le lecteur est vraiment focalisé sur le plus important : les aventures et mésaventures des personnages, les événements marquants, le déroulement de l’intrigue en somme. Quand il faut déjà lire trois fois une phrase pour en comprendre le sens, il est difficile de s’immerger dans l’histoire racontée, par exemple ! Bref, que j’aime cette narration fluide et jolie qui sait cependant rester simple et efficace !

En bref, vous l’aurez compris, mon amour pour cette saga atypique se confirme : je suis toujours aussi amoureuse de l’univers magique mis en place par l’auteure, toujours aussi captivée par cette mythologie qui refait surface, toujours aussi envoutée par cette histoire pleine de rebondissements … Je suis très frustrée de ne pas avoir la suite entre les mains, cette fin est atrocement cruelle pour mon petit cœur sensible, rien que d’y repenser j’ai terriblement envie de pleurer, j’ai besoin de savoir comment les choses vont évoluer. L’attente est tout simplement insoutenable, si quelqu’un a une machine à aller dans le futur, j’achète ! En attendant, je ne peux que vous conseiller de vous plonger dans cette série aussi magique que dramatique, qui vous happe de la toute première à la toute dernière page et qui s’invite dans vos rêves sans crier gare …

Ce livre a été lu dans le cadre de la Coupe des 4 maisons
(plus d’explications sur cet article)

samedi 9 décembre 2017

Le bizarre incident du chien pendant la nuit - Mark Haddon




Le bizarre incident du chien pendant la nuit, Mark Haddon

Editeur : Pocket Jeunesse
Nombre de pages : 346
Résumé : Il a 15 ans et s'appelle Christopher Boone. Il excelle en mathématiques et adore Sherlock Holmes. Il aime les diagrammes, les listes, la vérité. Il ne supporte pas qu'on le touche. Pour lui, 4 voitures rouges à la file sont synonymes de Bonne Journée; 3 voitures rouges : d'une Assez Bonne Journée ; 5 voitures rouges : d'une Super Bonne Journée. Il est autiste et porte en lui une part de génie. Quand un jour, Christophe apprend que Wellington, le caniche de sa voisine, a été assassiné, il décide de mener l'enquête qui va lui permettre d'arracher au passé l'énigme de sa propre histoire. Et de nous la raconter...


- Un petit extrait -

« Siobhan dit que quand on ferme la bouche et qu'on expire bruyamment par le nez, ça peut signifier qu'on est détendu, ou qu'on s'ennuie, ou qu'on est fâché. Tout dépend de la quantité d'air qui sort de votre nez et de la rapidité avec laquelle il sort, de la forme qu'a votre bouche à ce moment-là, de la manière dont on est assis et de ce qu'on a dit juste avant et de centaines d'autres choses qui sont bien trop compliquées pour qu'on puisse les déchiffrer en quelques secondes. »

- Mon avis sur le livre -

Cela fait des années que j’entends parler de ce livre un peu partout (blogs, librairies, bibliothèques …), et même si le titre ainsi que la couverture m’intriguaient drôlement, il ne m’attirait pas plus que cela et je n’avais jamais pris la peine de lire le résumé. Puis j’ai appris que le personnage principal était atteint du syndrome d’Asperger (bien que celui-ci ne soit jamais explicitement nommé dans le roman), et j’ai soudainement eu envie de le découvrir : je vous l’avais déjà dit en introduction de ma chronique de Contrecoups, les maladies psychiques m’intéressent beaucoup, et l’autisme plus particulièrement. C’est pourquoi lorsque l’on m’a proposé ce roman en prêt, je n’ai pas hésité une seule seconde et je l’ai commencé aussi rapidement que possible, car j’avais vraiment hâte de m’y plonger !

Christopher a quinze ans et il est autiste Asperger. Il aime Sherlock Holmes, les mathématiques, l’astronomie, la nuit, la vérité, la pluie et son rat apprivoisé Toby. Il n’aime pas être touché, le jaune ni le marron, le bruit, la foule, les inconnus et les imprévus. Pourtant, le jour où un grand imprévu, la mort du chien de la voisine, a lieu, ce n’est pas la panique qui envahit l’esprit de Christopher, mais bien la volonté de démasquer le coupable. Il était bien loin de se douter que cette enquête allait le pousser à dépasser ses limites (Christopher est probablement un des personnages les plus courageux que j’ai eu l’occasion de rencontrer au cours de mes pérégrinations littéraires) … mais allait également ébranler toutes ses certitudes et bouleverser tout son univers bien ordonné. 

Lorsque j’ai lu le résumé avant de commencer ma lecture, j’ai eu un peu peur que l’histoire ne soit au final qu’une simple enquête pseudo-policière réalisée par un adolescent bourré de clichés sur l’autisme. C’est toujours le risque, avec les romans basés sur un trouble de ce type : que l’auteur n’y connaisse rien et se contente d’user et abuser des stéréotypes véhiculés sur la maladie pour faire sortir son ouvrage du lot. Fort heureusement, cette double-crainte était infondée : non seulement l’enquête au sujet de la mort de Wellington (le caniche de la voisine) n’est qu’un prétexte pour introduire la véritable histoire, celle de Christopher, mais en plus on sent que l’auteur a travaillé avec des personnes autistes ! Des tas de petits détails le prouvent : Mark Haddon s’y connait, et ainsi pu aller plus loin que bien d’autres auteurs (qui se contentent d’illustrer plus ou moins maladroitement les trois grands pôles de la triade autistique sans d’ailleurs prendre en compte la spécificité du syndrome d’Asperger). 

Quelques petits exemples en vrac : Christopher, notre narrateur, se perd régulièrement dans des digressions plus ou moins longues, plus ou moins cohérentes avec ce qui précède, car ses pensées « vont trop vite », une idée peut en entrainer des centaines d’autres et il lui est parfois très difficile de se fixer sur une seule en éclipsant les autres ; Christopher n’aime pas la foule mais il ne supporte pas non plus la solitude ; Christopher trouve cela stupide de la part des humains de croire que les extraterrestres seront forcément des êtres de chair alors qu’ils pourraient parfaitement être complétement différents de l’idée que l’on se fait d’un être vivant. Vous allez me dire que ce dernier point n’a rien à voir avec l’autisme, mais il illustre en fait une autre caractéristique des autistes Asperger : une vision finalement assez critique du monde dans lequel ils vivent. Ainsi Christopher, qui est incapable de soutenir une conversation, se demande souvent quel est l’intérêt du bavardage : à quoi cela sert-il de parler pour ne rien dire, s’il n’y a aucune information à transmettre, à quoi cela sert-il de discuter ?

Comme je l’ai déjà dit un peu plus haut, c’est Christopher lui-même qui nous raconte cette histoire, son histoire. Mais attention, il ne s’agit pas de son journal intime : le jeune homme veut écrire un roman, il se fait d’ailleurs aider par Siobhan, enseignante spécialisée, dans ce projet. Car cela n’est pas facile pour lui : Christopher ne sait pas, ne peut pas mentir, et comme certains Asperger, il n’arrive pas à faire preuve d’imagination. Aussi, pour écrire cette histoire, il ne peut s’appuyer que sur son vécu, qui est la réalité et la vérité : vous ne trouverez pas ici de coups de théâtre rocambolesque ou d’histoire d’amour pour pimenter l’intrigue, car Christopher ne raconte que ce qu’il s’est réellement passé. Autre particularité de ce roman raconté par un jeune Asperger : la narration. Elle est simple, très simple : épurée, sobre, efficace, elle va à l’essentiel, sans s’encombrer de fioriture inutile. Il s’est passé ceci, j’ai pensé cela, Untel a dit ceci, Untel a fait cela. 

Je sais que bien des lecteurs ont été perturbés, dérangés, déconcertés par cette écriture si inhabituelle, si particulière. Bien que cela ne m’ait personnellement pas gênée - bien au contraire, j’ai finalement eu le sentiment d’être en présence de la narration la plus pure, la plus expressive, que j’ai jamais rencontrée -, je peux parfaitement comprendre leur consternation : cela peut être déroutant. Mais vraiment, ne vous laissez pas rebuter par cela : bien qu’étrange, cette narration a le mérite de proposer une immersion dans le mode de fonctionnement de pensée d’un adolescent dit « neuro-atypique », et je vous assure que c’est très instructif, très enrichissant, dans notre monde qui n’autorise finalement aucune déviance (en dépit de la « liberté d’expression » valorisée dans notre pays, celui qui a le malheur de dire un avis contraire à celui de la masse est automatiquement considéré comme hérétique … qu’on m’expliquer cette « logique » !). De la même façon, bien des blogueurs indiquent qu’ils n’ont pas réussi à s’attacher à Christopher. Aucune difficulté pour ma part : Christopher est à la fois tellement innocent et tellement intéressant (je suis probablement l’une des rares à avoir pris grand plaisir à lire ses raisonnements mathématiques complexes) que j’avais très envie qu’il sorte du papier pour qu’on puisse discuter astronomie ou biologie ensemble (même si au début, nous serions sans aucun doute aussi effrayés l’un que l’autre : je n’aime pas plus les inconnus que lui !).

Ce roman n’est finalement pas une enquête policière, mais bien plus un parcours initiatique. En cherchant des indices concernant le meurtre de ce pauvre chien (transpercé par une fourche, quelle mort horrible pour un petit caniche !), Christopher va faire d’étranges découvertes … Etranges car elles n’ont rien à voir avec cette mort mais tout à voir avec lui-même, son passé, son présent, sa famille. Il va devoir faire face à une masse d’informations qui s’avèrent être complétement contradictoires avec ce qu’il croyait être la vérité, la réalité. Mais cette fois-ci, pour la première fois, Christopher ne se laisse pas dépasser par la panique : il va être plus fort que ses nombreuses peurs et va sortir volontairement de ce quotidien rassurant pour en savoir plus. Cela va lui demander beaucoup d’efforts, va entrainer une grande fatigue émotionnelle, va être source de bien des crises d’angoisse, mais Christopher va réussir à faire quelque chose qui lui semblait jusqu’alors complétement irréalisable. L’auteur a fait tout son possible pour exprimer à quel point cela était difficile pour Christopher de faire ce qu’il était en train de faire. Pour faire comprendre à ses lecteurs, finalement, que ce qui est « banal » et « naturel » pour eux ne l’est pas pour tout le monde. Ce roman est un double-parcours initiatique : il y a celui de Christopher, qui apprend progressivement à évoluer dans le monde « normal », et celui du lecteur réceptif, qui apprend à mieux appréhender la différence dans toute sa splendeur pour ainsi, je l’espère, mieux l’accepter.

En bref, vous l’aurez compris, c’est un nouveau coup de cœur au compteur ! Ce livre, tout aussi atypique que son narrateur-personnage principal, est tout simplement captivant, émouvant, impressionnant. L’auteur a fait le choix de ne jamais nommé la maladie dont souffre Christopher, de l’évoquer à peine (c’est finalement au lecteur de rassembler les morceaux du puzzle et de les assembler pour saisir toutes les particularités de Christopher), afin, finalement, de ne pas réduire Christopher à cette maladie. Il est Lui avant d’être Asperger. Mais en même temps, l’auteur veut sensibiliser son lectorat à la différence, à sa richesse, à sa nécessité ; c’est rafraichissant, ce genre de roman didactique qui ne se contente pas de raconter une histoire mais qui fait réfléchir le lecteur sur la société, le monde, la vie. Je n’ai qu’une seule recommandation à faire : avant de lire Le bizarre incident du chien pendant la nuit, lisez Le chien de Baskerville ! Christopher spoile entièrement le dénouement de cette enquête de Sherlock Holmes, il m’est donc désormais impossible de la lire puisque je sais qui est le coupable, quels sont les faux indices, quels sont les vrais indices … Ne vous faites pas avoir et prenez vos précautions !



Ce livre a été lu dans le cadre de la Coupe des 4 maisons
(plus d’explications sur cet article)

mercredi 6 décembre 2017

Chamanes, tome 2 : Traque - Rachel Dubois



Chamanes2, Rachel Dubois
Traque

Editeur : Autoédition
Nombre de pages : 299
Résumé : À peine remise de sa convalescence, Sandra devra se méfier des traîtres. En effet, les Ombres ne sont plus les seules désormais à envier son territoire et sa puissance. Entre la protection de leur Terre et la traque des Ombres, les membres du Clan Neve trouvent encore un peu de temps à consacrer à leurs cours. Mais la panthère des neiges n'a pas le cœur à s'amuser. Car si l'âme à l'agonie de son Léopard l'appelle à ses côtés dans l'Arène des Ombres une fois par mois, elle n'a aucun moyen de le localiser. Seule son âme peut le rejoindre un bref instant afin de le maintenir en vie. Sa volonté n'a aucune limite ! Prête à tout pour protéger les siens, Sandra mettra sa vie sur l'échiquier. Cela suffira-t-il ?

Un grand merci à Rachel Dubois pour l’envoi de ce volume (et la petite dédicace) et à la plateforme SimPlement pour avoir rendu ce partenariat possible.

- Un petit extrait -

« Elle le cherchait. Il le savait. Elle le lui avait dit. Son âme-sœur était sur ses traces. Il la connaissait assez pour savoir que rien ne l’arrêterait jamais. Elle déplacerait des montagnes. Il le savait. Elle était l’espoir. […] Il était prêt à tuer non plus pour vivre, mais pour la revoir. Pour qu’elle vienne et que son âme réchauffe son corps meurtri. Etait-il un monstre ? Pas encore … Il avait encore l’espoir. »

- Mon avis sur le livre -

Pendant bien des années, j’avais cette fâcheuse tendance à enchainer les lectures sans jamais m’accorder de pause pour digérer le livre que je venais de dévorer. J’étais à la limite de la boulimie livresque ! Fort heureusement, les choses ont bien changées depuis l’ouverture du blog. En effet, je me suis rapidement rendue compte que j’étais tout simplement incapable de rédiger une chronique à peine la dernière page tournée (il me faut une bonne nuit de sommeil pour laisser retomber l’émotion et réussir à mettre des mots sur mon ressenti), mais également que je devais attendre d’avoir écrit l’article pour me plonger dans une nouvelle lecture, sinon je me mélange les pinceaux et n’arrive plus à parler du livre précédent. Si je m’accommode désormais parfaitement de cette attente, puisque je me rends compte qu’elle me permet de mieux savourer et assimiler mes lectures, je dois bien avouer avoir eu toutes les peines du monde à me retenir de me jeter sur ce second tome aussitôt le premier achevé ! Le cliffhanger final était tellement affreux qu’attendre a été un vrai supplice, je grognais littéralement de frustration !

Depuis que Greg a été enlevé par les Ombres, Sandra n’est plus la même. Incapable de localiser son âme-sœur, elle met tout en œuvre pour le retrouver et le sauver, quitte à se mettre en danger. Mais la disparition de son Léopard n’est pas son seul souci : entre les manigances des Chefs de meute qui cherchent à récupérer sa Terre, l’équilibre fragile de son Clan atypique et hétéroclite qui ne cesse de s’agrandir et la menace que fait régner la Confrérie européenne des Mages, Sandra n’a pas de répit. Parviendra-t-elle à retrouver celui sans qui son âme n’est plus entière ? Parviendra-t-elle à protéger les siens des attaques extérieures, mais aussi des conflits internes ? Prendra-t-elle les bonnes décisions ? A-t-elle le choix ?

Si le premier tome était finalement plutôt léger et rafraichissant, ce second volume est bien plus sombre et saisissant. Dès les premières pages, on le sent : il est fini, le temps où le lecteur découvrait avec émerveillement et attendrissement l’univers magique et les personnages attachants que nous proposait le premier tome ! Place à la noirceur des Arènes des Ombres, place à l’excitation de la Traque, place à la menace permanente. L’atmosphère est ici bien plus tendue, bien plus sinistre qu’elle ne l’était auparavant, et je dois bien avouer avoir eu des sueurs froides et des frissons à bien des reprises : on s’est tellement attaché à Sandra et aux autres durant le premier volume qu’on craint à chaque page tournée de se les faire arracher. Tout comme Greg attend avec une impatience malsaine le début des combats sanglants au sein de l’Arène afin de pouvoir sentir l’espace de quelques minutes la présence de Sandra, le lecteur attend avec fébrilité ces quelques pages nous montrant qu’il est encore en vie, tandis que grandit l’urgence d’un sauvetage. Que d’angoisse, que d’inquiétude, que d’appréhension !

Il faut dire que le lecteur n’a jamais le temps de souffler, il se passe toujours quelque chose qui vient bouleverser cet équilibre déjà précaire. Le Clan Neve ne cesse de s’agrandir et d’affirmer sa différence en accueillant en son sein des Chamanes de tout horizon, des solitaires attirés par le charisme de Sandra et l’harmonie qui règne au sein du groupe en dépit des disparités. Mais des tensions apparaissent parfois, nées d’un manque de confiance ou de tolérance, nées aussi de cette angoisse permanente qui pèse sur eux. Je suis tombée amoureuse de ce Clan : pris individuellement, les personnages sont déjà complexes et intéressants, mais collectivement, ils sont encore bien plus attachants. On a envie de faire partie de cette étrange famille, qui vit isolée au cœur de la forêt, soudée en dépit de tout. J’aime tout particulièrement Faune, son caractère imprévisible et sa maladresse, ainsi que Lya et son innocence, ce petit rayon de soleil que tous cherchent à préserver. L’union fait la force, voilà ce que montre ce livre !

Plus encore que dans le premier tome, la plume de l’auteur fait des merveilles : la narration est vivante, captivante, envoutante. Sa simplicité-même est la clé qui emprisonne le lecteur au cœur de l’histoire : pas besoin de réfléchir, il suffit de se laisser porter. Et voilà que l’on frémit d’inquiétude aux côtés des personnages, on soupire de soulagement lorsque  les choses ne se passent pas trop mal … Oui, vraiment, je n’ai eu aucune difficulté à me plonger dans l’histoire, bien au contraire, c’est en sortir qui était difficile ! Il faut dire que chaque fin de chapitre annonce un nouveau rebondissement, que la tension dramatique monte au fur et à mesure pour exploser à la fin du livre, que le rythme est tout simplement parfaitement bien maitrisé … tous les ingrédients sont là pour tenir le lecteur en haleine ! J’ai vraiment eu le sentiment que l’auteur a pris confiance en elle entre le premier et le second tome, il y a un petit quelque chose en plus dans la narration de ce deuxième volume qui le rend encore meilleur que le premier ! Même les quelques petites coquilles qui se sont glissées ci et là (des lettres inversées, une ponctuation parfois maladroite …) n’ont pas réussies à me gâcher le plaisir de la lecture, et c’est bien la preuve que ce livre est top !

En bref, un second tome riche en rebondissements et en émotions qui a su me captiver ! Une intrigue de plus en plus complexe, des enjeux de plus en plus grands, des conflits de plus en plus palpitants, des coups de théâtre de plus en plus étonnants … Cette saga devient de plus en plus exceptionnelle au fur et à mesure que les pages s’accumulent ! Je suis vraiment ravie d’avoir le troisième tome sous la main pour pouvoir le commencer dès à présent, le suspense est tout simplement insoutenable, l’auteur nous laisse avec une fin atrocement cruelle ! Un petit conseil aux intéressés : attendez d’avoir l’intégralité de la saga à disposition pour vous lancer dans Chamanes, cela vous évitera bien des frustrations …

Ce livre a été lu dans le cadre de la Coupe des 4 maisons
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