mercredi 22 novembre 2017

J’ai pas pleuré - Ida Grinspan et Bertrand Poirot-Delpech



J’ai pas pleuré, Ida Grinspan et Bertrand Poirot-Delpech

Editeur : Pocket
Nombre de pages : 180

Résumé : Déportée à 14 ans, rescapée d'Auschwitz, Ida Grinspan nous livre son témoignage sur l'horreur des camps de concentration. Dans un dialogue tout en pudeur, sa voix se mêle à celle de Bertrand Poirot-Delpech. Elle lui raconte l'indicible : la faim, la peur, la mort qui rôde. Ensemble, ils relatent également les difficultés de « l'après », ce douloureux retour à la vie et à l'espoir. 







- Un petit extrait -

« Ma libération, mon retour à l’humanité perdue, ça aura été cela : des draps propres en zone russe, des hommes enfin « normaux » qu’on aurait envie d’embrasser, une bouffée de tabac blond qui fait tourner la tête, et la France aperçue, là, entre deux nuages, sous les ailes d’un Dakota. »

- Mon avis sur le livre -

S’il y a bien un livre dont je suis certaine de ne jamais oublier l’arrivée dans la bibliothèque, c’est bien celui-là ! Lorsque j’étais en seconde, je suivais l’enseignement d’exploration « Santé et social », et nos professeurs nous avaient fait participer au concours de nouvelles « Ecrits pour la fraternité » organisé par la Ligue des droits de l’Homme sur la thématique « Un toit pour toi, un toit pour nous, un toit pour eux ». J’avais pris beaucoup de plaisir à écrire cette petite histoire, et j’avais eu la chance de travailler avec une amie très talentueuse en dessins qui s’était ainsi chargée de l’illustrer. La grande surprise a donc été d’apprendre que la nouvelle avait été sélectionnée au niveau régional et allait monter à Paris pour l’ultime sélection finale. C’est ainsi lors de la petite remise des prix organisé par le jury régional que j’ai eu l’occasion de recevoir ce petit livre, accompagné d’autres romans de poche. Et contrairement aux autres groupes sélectionnés qui grimaçaient en constatant que les lots étaient des livres, j’étais aux anges, d’autant plus que ce titre m’intéressait grandement ! Ce livre fait ainsi parti des livres « à histoire » de ma bibliothèque, ces livres pas tout à fait comme les autres dont on ne se séparerait pour rien au monde !

Ida n’a que quatorze ans lorsque trois gendarmes viennent l’arrêter en pleine nuit, en dépit des protestations d’Alice, la femme chez qui elle loge depuis que ses parents l’ont envoyée se cacher à la campagne. Après d’interminables trajets dans des wagons à bestiaux bondés, Ida arrive au camp de Birkenau, du complexe d'Auschwitz. On lui rase la tête, on lui tatoue un numéro qui devient sa nouvelle identité, et commence alors des mois d’enfer. Bien des dizaines d’années plus tard, aidée, guidée et soutenue par Bertrand, Ida raconte, elle couche sur papier ce témoignage qu’elle a si souvent déclamée devant des hordes de groupes scolaires et d’enseignants. Son livre est un vaccin préventif contre l’oubli, car l’oubli serait « tuer une seconde fois » toutes les victimes de la solution finale, car « l'oubli serait aussi intolérable que les faits eux-mêmes ». 

Lire un témoignage, c’est toujours une expérience bouleversante du point de vue émotionnel, cela n’a rien à voir avec lire une fiction (même excellente) ou un livre documentaire (même très bien documenté). Plus encore que dans n’importe quel autre livre, il y a un lien qui se crée entre l’auteur et le lecteur : ici, nul narrateur pour venir s’immiscer dans cette relation étonnante, cet échange entre le don que l’auteur fait de son témoignage et celui que le lecteur fait de son attention. Car un témoignage n’a de sens que s’il est reçu, attendu, peut-être. Et c’est précisément là que se situe la force de ce témoignage : c’est comme si Ida savait ce dont le lecteur avait besoin, dans quel ordre, et qu’elle avait orienté son récit de façon à répondre aux interrogations du lecteur, comme si elle les avait devinées par avance … J’avais, finalement, le sentiment qu’Ida s’adressait directement à moi, sans aucune barrière, sans aucun intermédiaire, comme si le livre n’était pas là mais qu’Ida était à mes côtés pour me raconter son histoire, sa terrible histoire.

Mais, bien plus encore que l’horreur des camps, le froid, la faim, la maladie, la mort, la peur, dont elle n’occulte pourtant aucun détail, je retiens surtout de ce témoignage la force d’Ida. Ida qui, à quatorze ans, se livre d’elle-même aux gendarmes venus l’arrêter afin de protéger le mari de sa protectrice. Ida qui, à quatorze ans, refuse de donner l’adresse de son père à l’officier chargé de l’interroger. Ida qui, à quatorze ans, ne leur donne pas le plaisir de voir couler une seule larme sur ses joues. Finalement, je retiens ce qu’Ida ne dit pas, car elle reste très humble et très modeste, comme le fait souvent remarquer Bertrand Poirot-Delpech, le second auteur. Pour Ida, sa survie ne tient qu’à la chance qu’elle a eu de faire les bonnes rencontres, d’avoir eu autour d’elle des gens qui l’ont aidée ou conseillée, sauvée ou guidée. Il est vrai qu’Ida a eu de la chance dans son malheur, mais je reste persuadée qu’elle avait en elle une force qui l’a aidée à tenir, à survivre en dépit de tout. 

Il n’est pas facile de chroniquer un témoignage : de quel droit pourrais-je « juger » une œuvre pareille ? Ce n’est pas un roman dont on peut commenter la cohérence de l’intrigue ou la beauté stylistique, ce n’est pas un ouvrage documentaire dont on peut commenter la clarté des informations ou la mise en page. Je vais donc me contenter de vous expliquer en quoi ce témoignage se démarque des autres que j’ai déjà eu l’occasion de lire jusqu’à présent, car c’est à mes yeux un des points forts de ce témoignage. Ida ne s’arrête pas de raconter une fois que sa libération eut été évoquée. Elle parle également de l’« après », de son besoin de raconter qui se heurte à une volonté de ne pas entendre, des procès, du devoir de mémoire, de son envie de reconstruire sa vie après ce drame et des difficultés qu’elle a rencontrées - elle qui n’avait que le certificat d’étude en poche, comment allait-elle reprendre des études après cette longue interruption ? Elle met bien en évidence que tout ne s’est pas arrêté le jour où elle a retrouvé le sol français, que rien ne s’arrêtera jamais pour elle, que ces quelques mois ont ébranlé sa vie à jamais. J’ai trouvé ce témoignage sur « l’après » tout aussi intéressant que celui concernant le « pendant », si l’on peut dire.

En bref, ce court témoignage, très intéressant, est aussi et surtout particulièrement émouvant et poignant. Très sobrement, très simplement, très succinctement aussi, Ida raconte et transmet, elle enseigne sans s’en rendre compte, toute occupée qu’elle est à retranscrire émotions et sensations, tellement nettement qu’on frissonne bien des fois en imaginant l’enfer qu’elle a vécu. Et son co-auteur, Bertrand, est là pour apporter des précisions, discrètes mais essentielles, pour aider Ida à rassembler ses souvenirs et à les assembler pour faire naitre cet ouvrage aussi percutant qu’important. Bouleversant, également, mais surtout pas traumatisant : ce témoignage peut parfaitement être étudié au lycée (voire peut-être en troisième si la maturité des élèves le permet) sans que cela ne les choque à vie. Une lecture que je n’oublierai pas de sitôt !



Ce livre a été lu dans le cadre de la Coupe des 4 maisons
(plus d’explications sur cet article)

dimanche 19 novembre 2017

Dalla-dalla - Satomi Ichikawa



Dalla-dalla, Satomi Ichikawa

Editeur : L’école des loisirs
Nombre de pages : 13
Résumé : Mon père conduit un de ces camions-bus qu’on appelle ici des dalla-dalla parce que, quand ils ont commencé à rouler, ça coûtait un dollar pour aller n’importe où. Je l’adore! Grand-père m’en a construit un en jouet. Les jours de repos, Papa m’emmène où je veux et nous finissons toujours par arriver sur la plage, parce que nous habitons une île. En regardant passer les bateaux et les avions, j’ai une idée: quand je serai grand, j’irai loin, à bord de mon dalla-dalla volant!

- Un petit extrait -


- Mon avis sur l’album -

L’entrée en primaire, c’est bien évidemment l’âge des premiers « grands » apprentissages, mais c’est également l’âge où l’enfant commence à penser au futur : « Quand je serai grand, je serai pompier ! », « Quand je serai grande, je serai maitresse ! » … Avec ce petit album, très court mais très riche, Satomi Ichikawa emmène le petit lecteur sur l’île de Zanzibar, au cœur de l’océan Indien, et lui fait faire la connaissance d’un petit garçon très différent de lui, mais qui rêve aussi … 

Juma, notre petit narrateur, passe la plupart de son temps chez son grand-père. En effet, son père est conducteur d’un petit camion-bus et est donc quasiment tout le temps sur les routes pour transporter les habitants de l’île un peu partout. Lorsqu’il apprend que son grand-père était lui aussi conducteur de dalla-dalla, Juma est bien décidé à suivre les pas de son père et de son grand-père ! Mais ce dernier espère pour lui bien plus, remarque que ne comprend pas Juma … jusqu’à ce qu’il apprenne que les avions peuvent conduire bien plus loin que les limites de l’île ! A partir de ce moment-là, c’est décidé : il sera conducteur d’un dalla-dalla volant et partira découvrir le monde avec son père et son grand-père !

Comme bien souvent avec Satomi Ichikawa, ce petit album répond à plusieurs objectifs. Tout d’abord, faire rêver, faire voyager par l’intermédiaire de quelques mots et de jolies illustrations. Les dessins sont vraiment magnifiques, c’est un vrai régal que de les admirer ! Les illustrations sont très réalistes, elles sont riches en détails et accentuent le dépaysement en mettant l’accent sur la sobriété et la pauvreté de la vie à Zanzibar : les vêtements, l’habitat, les modes de transport sont mis en évidence. Mais ces illustrations sont également pleines de vie, le jeu des couleurs véhicule une ambiance à la fois très douce et très sauvage : pour un peu, on sentira le vent chaud autour de nous et on entendrait les cris des pélicans !  

Ensuite, cet album fait découvrir au petit lecteur une autre culture : Juma vit sur une île bien loin de chez nous, il a une autre couleur de peau, il est musulman … Son quotidien n’est pas le même que celui des petits français, ses jouets non plus (sur une des planches, on voit un petit garçon jouer avec un petit dalla-dalla fabriqué en matériaux de récupération) … mais comme beaucoup d’enfants, Juma s’imagine un avenir et veut découvrir le monde. Ces points communs entre Juma et le jeune lecteur, constituent finalement le cœur de l’histoire et forment la base du message que cherche finalement à faire passer cet album : on ne se ressemble pas tous, on ne vit pas de la même manière, mais on est tous humains, avec les mêmes envies, les mêmes sentiments … Tolérance et respect des différences par la reconnaissance des ressemblances, voilà finalement ce à quoi conduit ce petit récit si joliment illustré ! 

En définitive, il s’agit d’un album à mettre entre toutes les petites menottes ! Il s’adresse tout particulièrement aux très jeunes lecteurs : un vocabulaire simple, des phrases courtes, de nombreux dialogues et exclamations … c’est vraiment un livre idéal pour les premières lectures en autonomie ! Mais c’est également un album que l’on peut introduire plus tôt en guise d’histoire du soir : l’histoire est vraiment courte (environ treize pages à peine), les dessins sont riches en couleurs et illustrent vraiment bien l’intrigue, il n’y a donc aucune raison pour priver les plus petits de cette jolie histoire et de ce joli voyage !

samedi 18 novembre 2017

L'ami retrouvé - Fred Uhlman



L’ami retrouvé, Fred Uhlman

Editeur : Belin-Gallimard
Collection : ClassicoCollège
Nombre de pages : 150

Résumé : Agé de seize ans, Hans Schwarz, fils unique d'un médecin juif, fréquente le lycée de Stuttgart. Il est encore seul et sans ami véritable lorsque l'arrivée dans sa classe d'un garçon d'une famille protestante d'illustre ascendance lui permet de réaliser son exigeant idéal de l'amitié, tel que le lui fait concevoir l'exaltation romantique qui est souvent le propre de l'adolescence. C'est en 1932 qu'a lieu cette rencontre, qui sera de courte durée, les troubles déclenchés par la venue de Hitler ayant fini par gagner la paisible ville de Stuttgart. 


- Un petit extrait -

« Je ne puis me rappeler exactement le jour où je décidai qu'il fallait que Conrad devînt mon ami, mais je ne doutais pas qu'il le deviendrait. Jusqu'à son arrivée, j'avais été sans ami. Il n'y avait pas, dans ma classe, un seul garçon qui répondît à mon romanesque idéal de l'amitié, pas un seul que j'admirais réellement, pour qui j'aurai volontiers donné ma vie et qui eût compris mon exigence d'une confiance, d'une abnégation et d'un loyalisme absolus. »

- Mon avis sur le livre -

J’ai eu beaucoup de chance durant ma scolarité, car j’ai particulièrement apprécié la majeure partie des ouvrages étudiés en cours (exception faite du Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline, lu en première année de licence, pour lequel j’ai dû me forcer pour arriver à la fin et que j’espère ne plus jamais avoir à relire). Mon petit frère semble avoir hérité de cette chance : même lui qui n’aime pas lire n’a jamais eu à se plaindre du contenu de ces lectures obligatoires ! Il m’arrive ainsi régulièrement de lui emprunter ces romans - souvent assez courts - afin de profiter des dossiers documentaires qui accompagnent le texte dans les éditions scolaires. Aussi, lorsque j’ai eu besoin d’un « livre dont le thème principal est une guerre ayant réellement eu lieu » pour valider un item éphémère de la Coupe des 4 maisons, j’ai rapidement su vers quel roman me tourner : celui qu’est en train d’étudier le petit frère !

Nous sommes en février 1932 à Stuttgart, ville du sud-ouest de l’Allemagne. Hans est le fils unique d’un médecin juif, et s’il s’entend globalement bien avec l’ensemble de ses camarades, il n’a aucun véritable ami. Tout change le jour où Conrad, héritier d’une illustre famille allemande dont le nom inspire respect et vénération, arrive dans sa classe. Hans le sent au plus profond de son être : Conrad est le seul individu au monde à pouvoir réaliser l’idéal qu’il se fait de l’amitié. Il va alors faire tout son possible pour attirer l’attention de ce jeune homme intimidant qui semble se satisfaire de sa propre solitude. A sa grande surprise, son plan rocambolesque aboutit, et commence alors entre ces deux garçons que tout oppose une fantastique amitié … une amitié que la montée du nazisme va venir ébranler.

Ce récit est la preuve que les plus belles histoires sont parfois les plus courtes et les plus simples : si l’histoire ne fait qu’une petite centaine de pages et n’a rien d’une intrigue complexe et compliquée, elle n’en reste pas moins étonnement puissante et émouvante. Il s’agit, tout simplement, de l’histoire banale d’une amitié qui aurait pu l’être également : deux jeunes hommes timides qui s’apprivoisent mutuellement malgré leur différence de classes sociales. Comme il y a des coups de foudre en amour, il y a également des coups de foudre en amitié, et c’est le cas ici : pour l’un comme pour l’autre, c’est une évidence, ils doivent devenir amis, mais ne savent pas comment s’y prendre pour faire le premier pas. J’ai tellement apprécié la genèse de cette amitié, c’était à la fois touchant et amusant, de voir comment ces deux grands gaillards se comportaient comme deux jeunes filles effarouchées en présence de leur prince charmant ! Leur amitié était solide, faite de grandes conversations sur le sens de la vie, de comparaisons de leurs collections respectives, de longues promenades et de sorties culturelles. Une amitié qui aurait pu, aurait dû, durer des années sans que rien ne vienne la troubler.

Mais, et on arrive ici à ce qui fait toute la particularité et la force de ce roman, nos deux jeunes héros se sont rencontrés dans un contexte géographique et historique particulier : ils vivent en Allemagne dans les années 1930, tandis qu’Hitler arrive au pouvoir et que le nazisme et l’antisémitisme gagnent en puissance. On s’en doute, ces bouleversements politiques vont venir chambouler cette amitié qui semblait inébranlable : les camarades de classe d’Hans et Conrad vont progressivement rejeter Hans, soutenus par les nouveaux professeurs partisans du nazisme qui font également tout leur possible pour montrer au jeune juif qu’il n’est pas à sa place dans ce pays qui l’a vu naitre, dans ce pays pour lequel son père s’est battu et a été blessé, dans ce pays qu’il aime. Ce pays qu’il doit quitter, envoyé par ses parents aux Etats-Unis chez un oncle jusqu’à ce que leurs « compatriotes reviennent à la raison » selon les dires de son père. Et bien plus que la séparation, c’est le choix de Conrad, énoncé dans une lettre, qui vient mettre définitivement fin à cette belle amitié qui n’aura duré que quelques mois avant d’être brisée par l’Histoire … Du moins, c’est que ce tente de se persuader le narrateur. Car peut-on véritablement oublier une amitié si puissante, si pure, si fusionnelle ? 

On ne se rend compte que l’on a dévoré ce roman qu’une fois la dernière page tournée. Les chapitres s’enchainent à une vitesse folle, les jours, les semaines puis les années passent sans que l’on ne les voit défiler, jusqu’à ce que survienne cette terrible phrase finale qui vous fait sursauter, hoqueter, éclater en sanglots. Cette histoire est courte, terriblement courte, mais tellement percutante, horriblement frappante. Sans s’en rendre compte, le lecteur s’attache à Hans et Conrad, et peut-être surtout, finalement, au beau duo qu’ils forment. J’ai eu le cœur déchiré lorsqu’ils ont été contraints de se séparer, et encore plus lorsque j’ai lu la lettre de Conrad. L’Histoire, la cruelle Histoire, s’était immiscée entre ces deux destins entremêlés, et c’est terriblement révoltant de voir à quel point les « histoires d’adultes », politique et idéologies, influent sur les relations innocentes et insouciances des enfants et adolescents qui ne demandent rien d’autres que de vivre en paix en dépit des différences. Ce que j’ai trouvé assez impressionnant dans ce récit, c’est que ces terribles événements ne sont évoqués qu’à demi-mot mais que le lecteur comprend pourtant très facilement ce dont il est question. Ce récit n’est pas un roman-documentaire ni un témoignage sur les horreurs de la guerre, mais bien l’histoire d’une amitié ayant lieu dans ce contexte particulier, qu’il faut donc situer pour permettre au lecteur de comprendre le drame qui se joue à travers les mots, mais sur lequel il n’est pas nécessaire de s’attarder plus longuement.

En bref, un petit roman particulièrement bouleversant qui me donne terriblement envie de me procurer sa « suite », La lettre de Conrad, afin de savoir comment celui-ci interprétait cette même-amitié et de mieux comprendre certains de ces choix … et aussi de mieux saisir comment on en est arrivé à la dernière phrase de L’ami retrouvé, cette terrible dernière phrase qui m’a chamboulée. C’est un ouvrage qui se lit vraiment facilement, que je conseille donc volontiers aux collégiens mais aussi à tous les lecteurs qui s’intéressent à ce pan de l’histoire ou qui désirent lire une belle histoire d’amitié. De plus, et cela ne gâche rien, la plume est très belle et la traduction lui fait bien honneur. J’ai trouvé certaines phrases magnifiques, vibrantes de poésie et de force.

Ce livre a été lu dans le cadre de la Coupe des 4 maisons
(plus d’explications sur cet article)